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Angelika Markul – Excavations of the Future

2 juin 2021, 0h00 - 27 juin 2021, 23h00

Excavations of the Future , 2016
Métal, cire, feutre, plaque d’OSB, plastique et peau d’animal.

Le point de vue de la commissaire

Angelika Markul, Gorge du diable, détail, plastique, cire colorée,feutrine et peau d’animal, exposition Terre de départ, Palais de Tokyo, Paris 2014. © Photographie de Marc Domage © Courtesy of the artist.

Angelika Markul entreprend depuis le début de sa carrière une réflexion autour des questions de mémoire, d’exploration des vestiges des lieux de destruction. Ses œuvres interrogent nos origines, nos traces, nos reliques – certaines sur le mode archéologique d’autres “en devenir”. L’artiste pose un regard poétique sur le monde, à la recherche d’indices de civilisations hypothétiquement disparues et crée des formes silencieuses mais agissantes. Archéologue des mondes enfouis, elle donne à voir ce qui a été oublié, immergé, invisibilisé par l’immensité de la nature ou par l’homme – dans une tentative
de restitution de sites disparus ou non encore existants.
 
Qu’elle tourne à Fukushima, à Tchernobyl, dans les grottes de Naïca au Mexique, en Afrique, en Australie ou au Texas, elle rapporte des images qui nourrissent un imaginaire se déployant sur plusieurs niveaux de récits. Le spectateur est comme plongé dans un voyage immersif où l’imagination et le réel conjuguent les restes du passé aux études scientifiques contemporaines.
 
Pour la Galerie Saint-Séverin, l’artiste revisite les notions d’extinction. Dans une esthétique crépusculaire, générée par un néon sphérique étrangement solaire, elle rassemble et entasse des artefacts, masses avachies qui suggèrent des êtres non identifiables, membres déformés de corps humains ou d’animaux, non sans évoquer l’idée de gisants. L’impression d’enfermement est renforcée par le recouvrement des parois de la vitrine de feutre symbolisant protection assourdissante et ensevelissement.

L’installation Excavations of the Future nous confronte aux éléments morts, abandonnés qui jalonnent et jonchent certains lieux, que ce soient des pièces réelles ou des zones mentales. Cet encombrement ne nous invite-t-il pas à déblayer afin que surgisse peut-être, alors, un regard, un espace pour ce qui est à la marge, mis sous le boisseau ?

 

Odile Burluraux

Entretien avec Nathalie du Moulin de Labarthète


Angelika Markul

Angelika Markul devant l’œuvre Gorge du diable, exposition Terre de départ, Palais de Tokyo, Paris 2014 © Photographie de Marc Domage © Courtesy of the artist.

Née en 1977 en Pologne, elle vit à Paris. Diplômée de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, elle a notamment fréquenté l’atelier de Christian Boltanski.
Récipiendaire du prix SAM ART en 2012, elle a présenté une exposition remarquée au Palais de Tokyo. En 2016, elle a été lauréate du prix Coal qui récompense un artiste pour son travail associant art et environnement. L’an dernier, le centre d’art de Vassivière lui a consacré une rétrospective intitulée « Formule du temps ».
Sa carrière s’est déployée largement à l’international du fait même de ses recherches menées dans des horizons lointains. Elle est représentée par la galerie Albarrán Bourdais à Madrid et la Leto Gallery à Varsovie.
L’activité artistique d’Angelika Markul s’inscrit principalement autour de deux registres qui se complètent et se superposent parfois : les installations et les films. L’artiste réalise des paysages étranges aux formes et aux matières peu reconnaissables, dont les éléments sculpturaux jouent sur l’ambiguïté des matériaux entre l’usage du bronze et de la cire. Elle produit par ailleurs des vidéos qu’elle a tournées dans des lieux parfois extrêmes (au Japon, en Amérique du Sud, au Texas, en Ukraine, etc.). La nature de ce travail génère en général de longs processus – voire des enquêtes auprès de chercheurs – précédant la réalisation des œuvres où s’entremêlent le plus souvent un aspect fictionnel à des références scientifiques.
Angelika Markul constitue des archives à partir desquelles elle soulève des questions prégnantes à la frontière entre art et science, fiction et documentaire.

  • Catégorie: Galerie Saint Séverin
  • Date: 2 juin 2021 - 0h00 27 juin 2021 - 23h00
  • Durée:3 mois