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(ancienne église)
10 rue de l’Annonciation, Paris 16e
M° La Muette
Visites ACF/Paris : 01 78 91 91 65
Au 17e siècle, Passy, avec ses prés, ses vignes et ses champs, est un petit village où des Parisiens aiment passer la belle saison dans de grandes demeures. Ses habitants dépendent de la paroisse d’Auteuil dont l’église est très éloignée et difficilement accessible lors des crues de la Seine. En 1666, une délégation obtient de l’archevêché l’autorisation de construire une église pour le village.
Claude Chahu1, généreux titulaire de la seigneurie de Passy, décide de la faire construire à ses frais. Très simple, elle est bénie en 1667 et dédiée à Notre Dame de Grâce. Sa fête est fixée au 25 mars, jour où l’Eglise célèbre la solennité de l’Annonciation.
En 1672, Madame Chahu2, sa veuve, obtient de l’archevêché que la communauté des fidèles soit érigée en paroisse. En 1840, l’église est trop petite pour une population alors en pleine croissance.
De 1846 à 1849, l’architecte Eugène Debressenne3 double sa longueur en ajoutant deux travées et le chœur actuel avec son abside en cul de four. Elle peut alors accueillir six cent personnes. Il élève aussi le clocher dont l’unique cloche, Anne, provient de l’abbaye d’Ourscamp. Entre 1856 et 1859 — un an avant le rattachement de Passy à Paris — il greffe deux chapelles hors-œuvre sur le déambulatoire et agrandit la sacristie en 1872.
A l’extérieur, rue de l’Annonciation, la façade de l’église est de style néoclassique avec deux colonnes ioniques marquant le porche. Le tympan sculpté en bas-relief par Charles Gumery4 en 1859, illustre la parole de l’archange Gabriel à la Vierge Marie lors l’AnnonciationLuc 1.28 : Je te salue, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. Au-dessus, une niche abrite une Vierge à l’Enfant depuis 1860.
A l’intérieur, le regard est attiré par le chœur précédé de la dernière travée de la nef5, avec ses baies en vis-à-vis et une abside ornée de cinq toiles marouflées peintes par Gabriel Bouret6 entre 1847 et 1850. Elles illustrent des passages de la Bible qui annoncent la venue du Sauveur. Au centre, L’Annonciation.
A gauche : la prophétie d’IsaïeIs 11, 1-10 avec Adam et Eve chassés du ParadisGen 2, 4-25.
A droite : la Vision de Daniel à l’heure du sacrifice du soirDa 9, 21, et le Sacrifice d’AbrahamGn 22, 1-12. Au zénith, le vitrail orné d’une colombe symbolisant l’Esprit Saint est entouré de cinq des litanies de la Vierge : Rose mystique, Tour d’ivoire, Arche d’alliance, Tour de David, Bâton fleuri d’Aaron.
Dans l’arc précédant le chœur, les quatre évangélistes sont figurés tels qu’Ezechiel les a décritsEz 1, 1-14, en vis-à-vis de part et d’autre de la baie.
A l’orée du chœur [à gauche], une statue7 de Notre Dame de Grâce présente son fils Jésus de sa main droite, à hauteur de son cœur miséricordieux.
Donnant sur le déambulatoire, la chapelle axiale — autrefois consacrée à la Vierge comme l’attestent les vitraux8 et les ex-voto — est aujourd’hui dédiée au Cœur Sacré de Jésus. Cette fête a été inscrite au calendrier liturgique universel en 1856 par le Pape Pie IX9. Au-dessus de l’autel, le Christ assis sur un trône en marbre bénit des personnes en adoration devant son cœur lumineux, dont saint Bernard de Clairvaux. Cette toile est l’œuvre d’Alexandre Grellet10, frère Athanase en religion.
Sur le mur de droite, un ensemble de quatre toiles marouflées dues à Pierre Cousin11. En haut, entouré de nombreux fidèles, le Cardinal Richard consacre la paroisse au Cœur Eucharistique de Jésus en 1897. Au-dessous : de part et d’autre du Christ dans une mandorle12, une apparition du Christ à Marguerite-Marie Alacoque13 [à gauche] et un détail de la Cène montrant l’apôtre Jean14 penché sur le cœur de Jésus [à droite].
Sur la droite, une porte conduit à la nouvelle chapelle de la Vierge qui conserve deux tableaux originaux : l‘Annonciation œuvre de Nicolas Delobel15, et Le Couronnement d’épines peint par Luca Giordano16 qui se trouvait au château de la Muette.
Trois copies anciennes les accompagnent : une Mise au tombeau d’après le Titien17, Le ravissement de saint Paul d’après Poussin18 et L’Apothéose de saint Augustin d’après Le Guerchin19, en place depuis les années 1860. A droite de l’autel : une statue de la Vierge en granit rose réalisée par Denise Durand-Dambenoy20 a été offerte à l’église en 1997.
En sortant, à droite dans le déambulatoire jalonné de statues, on remarque la dernière d’entre elles : un saint Vincent de Paul en mélèze datant du 17e siècle. Au fond de l’église, la baie de façade ornée d’un vitrail géométrique, avec une croix, éclaire la tribune construite en 1890. En 1905, les ateliers de Joseph Merklin21 y ont installé un orgue de trente jeux dont le buffet est réparti de part et d’autre de la baie.
A droite en sortant : le baptistère, remarquable par sa cuve octogonale et son couvercle en bronze orné de trois bambini entourant une croix.
Un portrait de saint Charbel22 — moine et emite maronite du Liban canonisé en 1977 par le Pape Paul VI — y a été installé dans les années 1980 après l’arrivée de familles libanaises réfugiées dans le quartier.
(nouvelle église)
8 rue de l’Annonciation, Paris 16e
M° La Muette
Visites ACF/Paris : 01 78 91 91 65
En 1950, la population de Passy comptant 45 000 habitants et l’église étant vétuste, il est décidé de remplacer l’ancienne église.
En 1954, l’architecte Paul Hulot23 et son associé François Alépée projettent une nouvelle église en béton armé perpendiculaire à l’ancienne qui devait s’étendre de la rue Jean-Bologne, à l’ouest, jusqu’à l’extrémité du jardin24 du presbytère, à l’est. Construite en deux phases : la première — création de la crypte, du chœur et des sept premières travées de la nef — est achevée en 1960 ; la seconde phase — extension de la nef, élévation du clocher et destruction de l’ancienne église — a été abandonnée car trop onéreuse.
A l’extérieur, l’entrée se fait depuis la place arborée Marcellin-Champagnat par trois portes en arches triangulaires ouvrant sur un narthex25 qui réunit les deux églises et permet l’accès à la crypte et aux locaux paroissiaux. Les murs en appareil régulier sont en calcaire blanc.
A l’intérieur, la structure évoquant une coque de bateau renversée, volontairement sobre, comporte une vaste nef. Les arches en arc brisé et en béton brut retombent sur le sol et délimitent sept travées dont les murs sont parés de pierres en calcaire de Saint-Maximin dans l’Oise. Dans la voûte, un semis de LED évoque un ciel étoilé.
Le chœur surélevé de douze marches est fermé par un chevet plat sur lequel court un filet de schiste noir qui délimite l’espace sacré autour de l’autel. Une mandorle en ardoise en occupe le centre. Le corps du Christ forme la lettre T du mot latin SITIO, [j’ai soif], sa dernière parole sur la croix Jn 19, 28.
Au-dessus, une verrière géométrique composée de neuf lancettes très colorées et constellées de croix, illumine le chœur dès le lever du jour. Elle est l’œuvre du maître verrier Auguste Labouret26.
Sur les retours en béton, se détachent, montant vers la lumière, les douze statues blanches des apôtres reconnaissables à leurs attributs.
A gauche : Pierre et André, Matthieu et Philippe, Jude et Simon le Zélote. A droite : Paul et Jacques le Majeur, Jean et Thomas, Jacques le Mineur et Barthélémy (les 12 apôtres)27.
L’orgue, complément liturgique de cet espace de gloire, est disposé de chaque côté du chœur et en harmonie avec le mobilier de bois clair. Construit par les ateliers Beuchet-Debierre28 en 1965, il possède 25 jeux.
Dans la nef, les vitraux en dalles de verre sont teintés dans la masse avec les couleurs primaires. Le bleu y domine. Ils sont du même auteur que la verrière du chevet. Les quatorze stations du chemin de croix en schiste noir sont disposées à hauteur d’homme sur les murs depuis 1960.
Face à l’entrée, sur le côté nord, deux chapelles : l’une, à gauche, est dédiée à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ; l’autre à droite, est ornée d’une copie d’une Vierge à l’Enfant dans le style de l’atelier des Della Robbia.
Au fond de l’église, face au chœur, une peinture à l’eau de cent mètres carrés réalisée en 1992 couvre une partie du mur. Jacques Joos29 y interprète un thème peu représenté au 20e siècle : le Jugement dernier. L’immense drapé qui épouse le sommet de l’arc représente la lumière éclatante du royaume de Dieu sur l’Eternité. En bas, les âmes30 rassemblées dans un cône nimbé d’or sont aspirées par la main de Jésus qui entoure Marie de son bras gauche. L’une d’entre elles en rattrape une autre au bord de l’Enfer. Sous les tribunes : une représentation du tétramorphe31 rappelle que seule la Parole de Dieu sauve.
Lumineuse, la nouvelle église rassemble la communauté des fidèles le dimanche comme l’ancienne qui, ouverte en semaine, reste un lieu de recueillement.
Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une jeune fille, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit : «Je te salue, comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi». À cette parole, elle fut bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors : «Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin». Marie dit à l’ange : «Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ?».
L’ange lui répondit : «l’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu». Marie dit alors : «je suis la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole».
Alors l’ange la quitta Luc 1,26-38.
Ce texte de l’évangéliste Luc a inspiré de nombreux artistes pour rendre visible l’invisible.
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