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66 avenue Ledru-Rollin, Paris 12e
M° Ledru-Rollin
Visites ACF/Paris : 01 53 17 19 00
www.saqv.fr
Située entre l’avenue Ledru-Rollin et la rue Traversière, l’église tire son nom de deux établissements religieux du faubourg Saint-Antoine, aujourd’hui disparus. D’abord, l’abbaye cistercienne de Saint-Antoine-des-Champs fondée au 12e siècle hors les murs de Paris et occupée, dès 1795, par l’actuel hôpital Saint-Antoine ; dédiée à la Vierge et à saint Antoine1, l’abbaye accueillait des femmes de l’aristocratie.Ensuite, l’hospice pour aveugles des Quinze-Vingts2 fondé par le roi saint Louis au début du 13 e siècle dans le faubourg Saint-Honoré, puis transféré en 1780 dans la caserne désaffectée des Mousquetaires Noirs, site actuel du Centre Hospitalier National d’Ophtalmologie.
Peu après, la Révolution décrète la suppression des ordres religieux : l’église de l’abbaye est alors attribuée à la toute jeune paroisse Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts. Dans les années 1790, l’abbaye est démolie et ses terrains vendus.
En 1802 le Concordat rétablit le culte catholique sous l’autorité de l’État. La chapelle de l’hôpital des Quinze-Vingts, louée à la paroisse, devient vite trop petite pour rassembler les malades, les soignants et les habitants de ce quartier de quarante mille âmes.
En 1898, grâce à la générosité des fidèles, l’abbé Rivière achète le site actuel : une longue parcelle trapézoïdale. L’architecte Lucien Roy (1850-1941) construit l’église sur les plans d’Émile Vaudremer3, son maître, entre 1902 et 1904.
Ce sera la dernière église concordataire4 et la première du 20e siècle à Paris. D’une grande sobriété, elle est de style néo-roman, cher à Vaudremer, teinté d’Art Nouveau.
A l’extérieur, la façade sur l’avenue Ledru-Rollin, enchâssée entre les immeubles haussmanniens mitoyens, se distingue par un porche surmonté de trois hautes baies en plein cintre. Par économie, on a utilisé la brique et réservé la pierre pour les chaînages, les rosettes en haut du pignon et l’entrelacs ornant la corniche du toit.
La tour-clocher carrée, adossée au mur mitoyen, pivote d’un huitième de tour pour épouser le biais de la rue. Elle est flanquée d’une échauguette qui abrite un escalier ; sa flèche culmine à 43 mètres de hauteur. Au-dessous, l’horloge en fer forgé porte la formule latine : Vulnerant omnes, ultima necat5.
A l’intérieur, le narthex6 ouvre sur une large et longue nef d’inspiration romane, rythmée par des arcades en plein cintre. La lumière naturelle arrive indirectement par les baies géminées des tribunes et directement par les fenêtres hautes.
Les arcs-diaphragmes7 en plein-cintre de la nef supportent le plafond en bâtière8 et retombent sur des chapiteaux à triple volute.
Les huit symboles peints9 au sommet et de part et d’autre de ces arcs se rapportent au Christ et à son Eglise : la croix, le paon, l’ancre, le bateau, l’agneau, la corbeille de pain, le poisson, le pampre de vigne.
Dans les baies hautes, sur les vitraux, un cortège de saints et de saintes, entre deux invocations, invitent à la prière d’intercession. Ils sont souvent en relation avec les populations spécifiques du quartier : saint Joseph pour les ouvriers, sainte Elisabeth de Hongrie pour les malades, sainte Jeanne de Chantal pour les veuves10…
Créées par les Ateliers Champigneulle11 en 1911, ces verrières restent dans la tradition du vitrail du 19e siècle, familière des représentations frontales de saints et renvoient parfois aux saints patrons des donateurs.
A la croisée du faux transept, le chœur a été surélevé et réaménagé en 1961. Deux statues monumentales placées en regard et sculptées par Raoul Larche12 le précèdent : saint Antoine en ermite [à gauche], patron de l’église, et saint Louis en croisé [à droite], fondateur des deux établissements religieux d’origine. La lumière pénètre verticalement par une coupole translucide provenant de la verrerie de Dorignies13. Ses éléments de verre moulé à reliefs, assemblés au ciment, sont novateurs. Une haute grille en fer forgé réalisée par Gilbert Pouillerat14 sépare cet espace de l’ancien chœur transformé en chapelle15.
Sur les murs aveugles, de part et d’autre de l’orgue de chœur de Joseph Merklin16 installé sur la tribune, sont représentés : sainte Cécile, patronne des musiciens, et saint Grégoire le Grand, inventeur présumé du chant grégorien. En face, au-dessus de la tribune, deux épisodes de la vie d’Antoine le Grand, par Georges-Victor Claude17 : le saint distribue ses biens aux pauvres et prie pour éloigner les tentations.
Sur le chevet plat, montée dans du ciment et réalisée en 1909 sur un carton d’Henri-Marcel Magne18 par les Ateliers Champigneulle, la rosace figure la Trinité souffrante avec au centre, Dieu le Père qui présente son Fils crucifié, tandis que l’Esprit Saint descend vers les hommes. Le Tétramorphe19 et des anges entourent la scène. Au-dessous, trois vitraux géométriques des Ateliers Duchemin20 ont été inaugurés en 2005, pour le centenaire de l’église.
Dans les bas-côtés, sur les clefs des arcs, se succèdent douze des stations du chemin de croix en terre cuite polychrome, créé en 2008 par sœur Mercédès21.
Le grand orgue, construit en 1894 par Aristide Cavaillé-Coll22 pour le Baron de l’Épée, a été racheté par le comte Bertier de Sauvigny qui le fait installer dans l’église en 1907. Il est réputé pour sa tonalité et ses qualités d’origine. Son buffet néogothique date de 1909 et a été dessiné par Lucien Roy.
Fidèle à l’intuition de son saint patron, Antoine le Grand, fondateur de nombreux monastères, cette église est un lieu de prière et de recueillement pour le quartier. Le souvenir de Mgr Affre23, mortellement blessé sur les barricades en 1848, contribue à son rayonnement.
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©ACF/Paris, 2019. Photos Y. Boschat, F. de Franclieu, CDAS-Paris/ADP.10 rue du Cloître-Notre-Dame 75004 Paris
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