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68 boulevard Magenta, Paris 10e
M° Gare de l’Est
Visites ACF / Paris : 01 46 07 24 65
L‘histoire de cette église remonte à la fin du 5e siècle. Hors les murs du Paris d’alors, sur la voie romaine1 menant à Soissons par le col de La Chapelle, se trouvait un monastère dédié à Saint-Laurent qui accueillait les pèlerins se rendant à l’abbaye de Saint-Denis2. Saint Domnole3 en fut abbé au début du 6e siècle.
Détruit par les Normands, son église fut reconstruite et son territoire érigé en paroisse en 1180. La population s’étant accrue, l’édification d’une troisième église débuta au 15e siècle en conservant le clocher roman, encore visible.
A la Révolution, l’édifice devint temple de la Raison, puis celui de l’Hymen et de la Fidélité en 1793, et celui de la Vieillesse en 1798. Saint-Laurent fut rendu au culte catholique en 1802. En 1860, le secteur fut annexé à Paris avec les faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin.
A l’extérieur, l’église, dégagée de toute part, offre l’unité d’un style dépouillé, principalement celui du gothique flamboyant4.
En 1864, le percement du boulevard de Strasbourg ayant modifié le niveau d’accès à l’église, Constant-Dufeux5 remplaça la façade élevée en 1621 par celle visible aujourd’hui et allongea la nef d’une travée et demie pour suivre l’alignement de la voie. Il donna ainsi au quartier une église à sa taille, le tout dans un style néo-gothique6 en accord avec le style existant.
La statue de saint Laurent7 domine la façade. Au portail, un Christ bénissant est sculpté sur le trumeau (C) et les douze apôtres sur les piédroits (D). Au sommet des voussures (A), figurent les trois personnes de la Trinité : Dieu le Père, Jésus-Christ le Fils et la colombe symbolisant l’Esprit Saint. De part et d’autre, les médaillons rappellent le martyre de saint Laurent, patron de la paroisse. A la balustrade, sur les phylactères8 des anges, on lit les mots sedes veritatis [siège de Vérité], sanctuarium caritatis [temple de Charité], tirés de la prière dite lors de la dédicace des églises, caractérisant la fonction sacrée de ce lieu.
En 1870, sur le tympan (B), Paul Balze9 évoque en lave émaillée, de bas en haut, sur trois registres légendés, la vie de saint Laurent10 : sa mission de diacre, son arrestation, son supplice, sa gloire au ciel.
A l’intérieur, les doubles collatéraux triplent la largeur de l’édifice qui s’impose par des piliers sans chapiteaux, des nervures s’élançant jusqu’aux ogives d’où pendent de longues clés de voûte richement sculptées et récemment restaurées. La lumière entrant par les baies hautes de la nef accentue ces points majeurs de l’édifice. Cet ensemble, homogène et sobre, a été édifié en gothique flamboyant au long des 15e, 16e et 17e siècles. Les voûtes gothiques avec leurs clés ont été achevées en 165911, quinze ans seulement avant le décor classique du chœur réalisé par les architectes François Blondel et Antoine Le Pautre12, également auteur du maître autel.
Dans le transept, le décor des six clés pendantes relate la Passion du Christ : de la condamnation par Pilate (transept nord) à la déposition de croix par Joseph d’Arimathie13 (transept sud). A la croisée du transept et de la nef — dans l’axe du chœur — une septième clé est réservée à Marie et son fils Jésus présentés face à l’autel, Laurent et son gril face à la nef, Apolline14 et ses tenailles, sa contemporaine, face au sud, Jean le Baptiste avec l’Agneau face au nord15. L’iconographie de ces sept clés reprend celle des jubés et des poutres de gloire qui, jadis, séparaient le chœur et la nef.
Dans le chœur, d’un premier ensemble réalisé en 1852 par le maître verrier Lami de Nozan16, restent des vitraux consacrés à sainte Philomène, saint Domnole et aux cinq auteurs des épitres17 faisant partie du Nouveau Testament : Jean, Jude, Paul, Jacques et Pierre.
Des vitraux réalisés par Jean Gaudin18 sont venus les compléter dans les années 1930. Ils représentent le Christ en gloire (baie centrale), sainte Apolline (baie de gauche) et saint Laurent (baie de droite).
Au fond de l’église, l’ancienne chapelle axiale dédiée aux Trois Marie19 a été remplacée en 1712 par une nouvelle construction ovale avec coupole20. Depuis 1847, elle est dédiée à Notre-Dame des malades en l’honneur des membres d’une confrérie21 qui visitaient à domicile les malades du quartier et tenaient un dispensaire pour les soigner. La statue de Notre-Dame des malades22, en marbre de Carrare placée dans la gloire au-dessus de l’autel, les verrières d’Antoine Lusson23 exécutées en 1874 évoquant les joies et les souffrances de la Vierge Marie, complètent ce lieu voué aux demandes de guérison.
Dans les bas-côtés, les quatorze bas-reliefs placés sur les piliers, face aux fidèles, composent un Chemin de Pâques24 plus qu’un Chemin de Croix. Le premier d’entre eux évoque le lavement des pieds et la Cène, le jeudi saint, et le dernier l’apparition du Christ aux pèlerins d’Emmaüs après la Résurrection.
Les vitraux de Saint-Laurent témoignent de la renaissance de cet art en France entre 1850 et 1950. Ceux de Charles Champigneulle25 pour les deux premières chapelles du bas-côté nord se réfèrent à l’œuvre de Louise de Marillac et Vincent de Paul, fondateurs de la Compagnie des Filles de la Charité, et à celle de François de Sales, apôtre de la douceur, déclaré docteur de l’Eglise en 1877. Ce dernier y est représenté avec une colombe qui se pose sur son cœur.
Lors de l’agrandissement de l’église en 1864, le grand orgue26 a été doté d’une nouvelle tribune et le facteur d’orgue Merklin-Schütze a réutilisé des éléments de l’orgue précédent, créé par François Ducatel au 17e siècle et reconstruit en 1766 par François-Henri Clicquot. Il participe à la beauté des liturgies et sonne pour de nombreux concerts.
A proximité des grands hôpitaux Lariboisière, Fernand-Vidal et Saint-Louis, des gares du Nord et de l’Est, l’église Saint-Laurent, son petit jardin écologique et son presbytère des années 1930 constituent un havre de paix pour ce quartier bruyant et affairé qui compte plus de soixante nationalités.
Saint Laurent
D’origine espagnole, Laurent vécut à Rome au début du 3e siècle. Il était diacre, un homme consacré appelé à s’occuper des plus démunis de la communauté. L’empereur Valérien l’arrêta le 6 août 258 avec le pape Sixte II. Le pape fut tué ainsi que tous ses diacres, sauf Laurent qui avait la garde des archives et des trésors de l’Eglise. Valérien les lui réclama. Mais Laurent qui les avait distribués aux pauvres de Rome, lui répondit en lui montrant ceux-ci : «Voilà les trésors de l’Eglise». Laurent fut aussitôt emprisonné puis brûlé sur un gril. Il mourut quatre jours après, le 10 août. Saint Laurent est un martyr célèbre de la chrétienté. Il est souvent représenté avec un gril.
Saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac
Au moment du renouveau spirituel du 17e siècle, Saint-Laurent sera la paroisse de Vincent de Paul, dès 1632, et celle de Louise de Marillac, dès 1641, et ce jusqu’à leur mort en 1660. C’est dans le prieuré Saint-Lazare, en face de l’église, que Vincent installa la congrégation des Pères de la Mission. A partir des confréries de la Charité, cet ami de François de Sales, fonda, avec Louise, la Compagnie des Filles de la Charité près de l’église Saint-Laurent en 1641. Dès lors, ces femmes célibataires et consacrées réalisent — grande nouveauté — l’alliance entre une vie retirée dans la prière et une vie active de charité avec la rue pour cloître, les chambres de malades pour monastère… Aujourd’hui connues sous le nom de sœurs de Saint-Vincent-de- Paul, leur chapelle de la rue du Bac (Paris 6e) est un grand lieu de pèlerinage (médaille miraculeuse).
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© ACF / Paris, mars 2018. Photos : M. Beaudoin. Photos P. Christory, F. de Franclieu, M. Beaudoin, M. Baranger.10 rue du Cloître-Notre-Dame 75004 Paris
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