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Loïc Le Groumellec – «Exposition»

16 octobre 1992, 15h00 - 22 novembre 1992, 19h00

   

Exposition visible du mercredi au dimanche inclus, de 15h à 19h, du 16 octobre au 22 novembre 1992, à la Galerie Saint-Séverin. La visite est totalement gratuite.


Loïc Le Groumellec, Croix au sommet, 1992. Photo Didier L’Honorey,
conservée au Centre Georges-Pompidou-Beaubourg, Mnam-Cci, Paris / Bibliothèque Kandinsky.

L’artiste, Loïc Le Groumellec

Loïc Le Groumellec est né en 1957 à Vannes, en Bretagne. Il vit et travaille à Paris. Après des études à l’École de Beaux-Arts de Rennes, il expose pour la première fois à la galerie Yvon Lambert à Paris en 1983.

Ses œuvres font partie des collections du CAPC de Bordeaux, du Musée des Beaux-Arts de Rennes et du Musée d’art Moderne de la Ville de Paris. Loïc Le Groumellec a également été exposé par plusieurs institutions internationales : le Nouveau Musée national de Monaco, l’Institut Français de Cologne en Allemagne, la Fondation de l’Hermitage en Suisse, le Musée d’art Contemporain de Montréal au Canada et la Fondation Juan Miró de Barcelone en Espagne.

Loïc Le Groumellec est représenté par la Galerie Triangle Bleu à Stavelot, en Belgique, et la Galerie Karsten Greve, à Cologne.


Loïc Le Groumellec, Eglise noire, 1992. Photo Didier L’Honorey,
conservée au Centre Georges-Pompidou-Beaubourg, Mnam-Cci, Paris / Bibliothèque Kandinsky. 

Exposition par Loïc Le Groumellec
Le point de vue du journal Le Matin

«  Loïc Le Groumellec a pris comme thème unique de peinture le menhir dont on se doute à quel point il a dû hanter sa mémoire de Breton comme un double portrait de lui-même et de son .pays. Il présente vingt-trois Mégalithes de différents formats peints entre 1985 et 1987 avec la même technique, laque ripolin, sur toile. Tous à contre-jour. Ces pierres levées l’obsèdent fixent sa vision, hautes, solides et mémoriales silhouettes sombres sur fond de nuit, nimbées de lueurs pâles, de clartés rasantes, de reflets d’orages. Paysages de corps et de terre les  menhirs de Le Groumellec ne cherchent ni à séduire, ni à troubler, et le voudraient-ils que la monotonie qu’ils engendrent, malgré les qualités de la peinture provoque un indicible ennui. Mais quitter le menhir c’est peut-être aussi sortir de soi. »
Pierre Cabanne, « La peinture comme matière », Le Matin, 20 février 1987.


Loïc Le Groumellec, Eglise entre deux menhirs, 1992. Photo Didier L’Honorey,
conservée au Centre Georges-Pompidou-Beaubourg, Mnam-Cci, Paris / Bibliothèque Kandinsky. 

Le point de vue de l’artiste

« Le mégalithe érigé pour se protéger des forces naturelles est un acte spirituel. La puissance dégagée par certains aspects ou éléments de la nature implique le surnaturel, qui implique la sacralisation de cet élément… On dresse une pierre que l’on va vénérer. Ce n’est pas la pierre en tant que pierre qui est sacrée, mais la fonction qu’elle remplit face à l’énormité du phénomène naturel. Par analogie, élever et accrocher un tableau au mur est sans doute un acte du même ordre.

Très vite je me suis rendu compte que deux choses m’intéressaient dans les monolithes, l’aspect « fiché dans la terre » et l’érection, donc le côté spirituel et le côté tellurique. J’ai toujours été très impressionné par Brancusi et j’ai sans doute inconsciemment fait le lien avec lui, qui a toujours travaillé sur des choses d’origine populaire et d’origine païenne, et qui a réussi à développer par exemple, sculptant un oiseau, l’essence du vol ou plus explicitement encore, la Colonne sans fin qui est d’une part l’axe du monde et d’autre part l’essence de l’ascension (du devenir autre). Très tôt je me suis intéressé à cette dualité du « ciel » et de la « terre », du « pur » et de «l’impur»… la spiritualité s’est mise au-devant de moi. Ce terme s’est imposé depuis que j’ai commencé à peindre ces mégalithes.

Il y a toujours cette métaphore des forces magiques et spirituelles, païennes même, liée à une idée de la peinture. Plus j’avance dans le temps, plus ma recherche se concentre sur ce terme-là. […] Faire un tableau, faire de la peinture, est en soi un acte de l’esprit. Ce qui est spirituel dans la peinture, c’est l’acte de peindre. Ma relation au monochrome a un sens spirituel pur. L’acte de peindre suppose un idéal, une intention, une position éthique. […] » 
Extraits d’entretiens avec Jean-Paul Michel dans le catalogue Loïc Le Groumellec, Galerie Karsten Greve, Cologne 2001.

 

 

Légende de la photo : Loïc Le Groumellec, Eglise, 1992. Photo Didier L’Honorey, conservée au Centre Georges-Pompidou-Beaubourg, Mnam-Cci, Paris / Bibliothèque Kandinsky. 

  • Catégorie: Galerie Saint Séverin
  • Date: 16 octobre 1992 - 15h00 22 novembre 1992 - 19h00
  • Lieu:Galerie Saint-Séverin